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Ghana : un partenariat de 289 millions de dollars avec le Royaume-Uni pour relancer l’économie

Ghana : un partenariat de 289 millions de dollars avec le Royaume-Uni pour relancer l’économie

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En marge du sommet sur l’investissement Ghana-Royaume-Uni à Londres, Accra a scellé un accord de 215 millions de livres sterling (environ 289 millions de dollars) sur trois ans. Ce plan d’envergure, axé sur les infrastructures, l’environnement et la technologie, marque le grand retour du pays sur la scène internationale après une crise économique sévère.

Le président John Dramani Mahama et le vice-Premier ministre britannique David Lammy ont été témoins de la signature du partenariat de croissance Ghana-Royaume-Uni lors du Ghana-UK Investment Summit à Londres. L’accord a été signé par le haut-commissaire britannique au Ghana, Christian Rogg, et son homologue ghanéenne, Sabah Zita Benson. 

La signature de ce partenariat de croissance, qui couvre la période 2026-2028, intervient à un moment charnière pour le Ghana, qui sort tout juste de son programme d’aide avec le FMI. Par cet accord, paraphé à Londres sous les yeux du président John Dramani Mahama et du vice-Premier ministre britannique David Lammy, Accra poursuit son ambition de tourner définitivement la page de la crise. Le texte cible quatre priorités majeures : attirer l’investissement privé au Ghana, faciliter les échanges commerciaux, stimuler la croissance industrielle et garantir un accès à une éducation de niveau mondial.

La pièce maîtresse de cet investissement au Ghana est la construction d’un chantier naval à Takoradi pour un montant de 101 millions de livres sterling. Développée en collaboration avec l’Autorité des ports et havres du Ghana (GPHA) et un consortium international, cette structure sera la première cale sèche et de réparation navale à l’échelle commerciale dans le golfe de Guinée. 

Confiée pour une concession de 25 ans à Prime Meridian Docks Ghana Ltd, sa construction durera 18 mois et comprendra une jetée de 200 mètres, un atelier de 1 200 mètres carrés ainsi qu’une cale sèche flottante. Ce projet stratégique devrait générer jusqu’à 430 emplois directs, dont 30 % seront réservés aux femmes.

Au-delà du secteur maritime, l’accord intègre un important volet environnemental et technologique. Une enveloppe de 94 millions de livres sera allouée aux initiatives vertes, comprenant un fonds de reforestation de 85 millions de livres et un programme de 9 millions de livres pour restaurer les forêts de la région d’Oti. Le partenariat consacre aussi 6 millions de livres au déploiement de la stratégie nationale en intelligence artificielle et finance un programme de renforcement des compétences en ingénierie clinique pour le secteur de la santé.

Pour le président Mahama, l’innovation réside aussi dans le montage financier du chantier naval de Takoradi, qui sera le tout premier projet du pays à mobiliser les fonds de pension locaux pour bâtir des infrastructures. Un choix fort pour permettre au Ghana de devenir plus durable et autonome.

L’investissement au Ghana dans le contexte d’un pays qui sort de crise

Cet accord avec le Royaume-Uni ne s’inscrit pas dans un cycle ordinaire de coopération bilatérale. Il intervient alors que le Ghana boucle l’un des redressements économiques les plus rapides d’Afrique subsaharienne. En 2025, le pays a affiché une croissance du PIB de 6 %, un excédent budgétaire de 2,6 % et une inflation tombée à 5,8 % (contre 23,8 % en 2024), avant d’atteindre 3,8 % en janvier 2026. 

Cette reprise s’est accompagnée d’une appréciation du cedi de plus de 40 % face au dollar. Grâce à la restructuration de la dette publique, le ratio d’endettement a été ramené de 61,8 % en 2024 à 53 % du PIB pour 2026, avec une projection à 42,3 % en 2031. Enfin, les réserves de changes ont culminé à 14,5 milliards de dollars début 2026, garantissant près de six mois d’importations.

Ce partenariat vient consolider des relations commerciales bilatérales déjà solides, les échanges entre les deux pays ayant atteint 1,6 milliard de livres sterling en 2025. Pour le Ghana, l’enjeu est désormais d’attirer les capitaux étrangers et de s’imposer comme le pôle régional de la logistique, de la fabrication et de la croissance verte.

Sur le plan maritime, le futur chantier de Takoradi va profondément transformer le golfe de Guinée. Actuellement, les navires doivent naviguer 10 à 14 jours vers Walvis Bay en Namibie ou Las Palmas en Espagne pour leur maintenance. La nouvelle infrastructure ghanéenne éliminera ces délais, réduira la consommation de carburant et les coûts opérationnels pour tous les transporteurs de la région. Avec la recrutement de 30 % de femmes parmi ses 430 employés directs, le projet soutient concrètement l’application de l’Affirmative Action Act 2024.

Le reste de l’enveloppe cible un double dividende économique et social. Le fonds de reforestation de 85 millions de livres va restaurer les écosystèmes en créant des emplois dans les zones rurales. Comme le souligne le haut-commissaire britannique Christian Rogg, ce partenariat apporte un changement visible à travers des emplois qualifiés, des infrastructures renforcées et de nouvelles opportunités pour les jeunes et les femmes.

La décision d’associer les fonds de pension locaux au financement de la cale sèche de Takoradi marque un tournant structurel majeur. En transformant les retraités ghanéens en cofinanceurs de leurs propres infrastructures, le gouvernement pose les fondations d’un modèle de financement souverain destiné à réduire la dépendance du pays face aux bailleurs de fonds extérieurs.

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