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Jean Fall : l’ambition d’un cinéma africain accessible partout

Jean Fall : l’ambition d’un cinéma africain accessible partout

Jean Fall Jean Fall
Jean Fall, fondateur de l'association Cinewax

Franco-sénégalais, juriste de formation, Jean Fall a fondé Cinewax en 2015 pour faire du cinéma africain un outil de visibilité, d’identité et de développement économique. Dix ans après, l’association compte plus de 150 événements, une plateforme de VOD présente dans plus de 100 pays, et une reconnaissance internationale qui dépasse les frontières de la diaspora.

Jean Fall est né en France de père sénégalais. Il avait 19 ans la première fois qu’il a posé le pied au Sénégal. Il découvrait un pays dont il portait le nom mais dont il ne connaissait presque rien. Ce qu’il a vu l’a frappé. Une vie culturelle réelle, des histoires à raconter, et presque aucune salle de cinéma pour les accueillir. En 2015, après une licence de droit à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il crée Cinewax pour remettre l’Afrique à l’écran.

Jean Fall est venu au cinéma par l’Afrique. Ses études à Paris 1 Panthéon-Sorbonne lui donnent des outils. La rigueur d’analyse, la capacité à structurer un projet, à lire un marché, c’est le Sénégal qui lui donne la direction.

Lors de ses premiers séjours à Dakar, il constate que le pays a presque perdu ses salles. Le Sénégal comptait autrefois près de 90 cinémas, gérés par une société nationale. Ils ont été vendus, transformés en espaces commerciaux. En 2015, il n’en reste que cinq environ. Les circuits de distribution sont inexistants. Les productions peinent à trouver des financements. Les jeunes cinéastes travaillent souvent depuis l’étranger, faute d’infrastructure locale.

En mars 2015, Jean Fall fonde Cinewax à Dakar avec une équipe de bénévoles venus de Paris. Le principe est de promouvoir le cinéma africain en France et de recréer un accès à la culture cinématographique au Sénégal. Le nom n’est pas un hasard. « Wax » renvoie aux tissus colorés qui habillent l’Afrique, symbole de diversité. Et « wax », en wolof, signifie « parler ». Le cinéma comme espace de parole, une philosophie inscrite dans le nom lui-même.

Dès 2016, l’association lance le ciné-club Clap Afrique à Paris. Chaque mois, un pays africain est mis à l’honneur. Les projections attirent un public mixte avec les Africains de la diaspora qui retrouvent leurs cultures, les Français qui découvrent un continent autrement que par les actualités. En 2019, Cinewax revendique plus de 70 événements et 12 000 spectateurs. Le projet grossit et l’équipe s’étend à plus de 40 bénévoles dans plusieurs pays.

L’OAFF : le premier festival de films africains en ligne par Jean Fall

Le 15 novembre 2018, Jean Fall lance l’Online African Film Festival (OAFF), le premier festival entièrement dédié aux films africains sur internet. Trente films, quatre catégories (fiction, documentaire, afrodiaspora, classique), diffusés dans quinze pays pendant un mois, pour 8 euros.

Une deuxième édition suit en 2019. Puis, en octobre 2020, la plateforme OAFF rouvre ses portes au monde entier. Application web, Android et iOS. Quatre-vingt films disponibles. En quelques mois, la plateforme atteint des utilisateurs dans plus de 100 pays.

En 2021, le programme Cinewax Education reçoit le label Saison Africa 2020 et figure sur le site Eduscol du ministère français de l’Éducation nationale. Le cinéma africain entre dans les classes.

Cinewax collabore avec des noms qui comptent dans le cinéma africain et de la diaspora : Wanuri Kahiu, Mati Diop, Maïmouna Doucouré, Aïssa Maïga. Ses actions sont relayées par RFI, France 24, BBC et Konbini.

En 2023, Jean Fall décroche une bourse Fulbright, le programme de l’ambassade américaine qui finance chaque année des leaders d’organisations non gouvernementales. Il bénéficie du Fulbright NGO Leaders Fellowship 2023-2024, basé aux États-Unis. Un passage à New York qui ouvre de nouvelles perspectives professionnelles, notamment chez Logical Pictures Group, un des acteurs du financement cinématographique en Europe.

Parallèlement, il occupe le poste de vice-président de la Commission CCI au CNE Sénégal et renforce son rôle à l’intersection de la culture et du développement économique.

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