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Burkina Faso : l’homme d’affaires Inoussa Kanazoe rachète les mines BMC et Roxgold

Burkina Faso : l’homme d’affaires Inoussa Kanazoe rachète les mines BMC et Roxgold

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Inoussa Kanazoe, fondateur de Soleil Resources International, nouveau propriétaire des mines BMC et Roxgold au Burkina Faso

Le secteur aurifère du Burkina Faso change de mains à une vitesse sans précédent. La nationalisation des mines d’or au Burkina Faso, engagée par la junte Traoré depuis 2022, crée une opportunité pour le capital privé local et des hommes d’affaires burkinabè entrent dans la danse. Inoussa Kanazoe et son groupe Soleil Resources International sont les plus visibles de cette nouvelle génération de propriétaires burkinabè.

Inoussa Kanazoe, l’un des hommes d’affaires les plus fortunés du Burkina Faso, a acquis deux actifs aurifères de premier plan  : les mines BMC et Roxgold à travers son groupe Soleil Resources International. Ces rachats sont le produit direct de la politique de nationalisation des mines d’or au Burkina Faso engagée par le président Ibrahim Traoré depuis son coup d’État de septembre 2022. En moins de trois ans, cette stratégie a reconfiguré l’un des secteurs les plus stratégiques de l’Afrique de l’Ouest, qui pèse 7 milliards de dollars.

Soleil Resources International a été fondé par El Hadj Inoussa Kanazoe fin 2023, avec l’ambition d’entrer dans le secteur minier. En mai 2024, le groupe a concrétisé cette vision avec l’acquisition des actifs miniers du groupe turc Avesoro.

L’acquisition de Roxgold représente une étape plus importante encore. En avril 2025, la société canadienne Fortuna Mining Corp. a signé un accord de vente de sa participation dans Roxgold Sanu SA, qui détient et exploite la mine de Yaramoko, à Soleil Resources International pour une contrepartie de 70 millions de dollars américains, plus 57,5 millions de dollars de dividendes en cash versés à Fortuna par Roxgold Sanu avant la clôture de la transaction.

La mine Yaramoko, opérée par Roxgold, est reconnue comme une opération souterraine à haute teneur, avec des teneurs en minerai nettement supérieures à la moyenne ouest-africaine des gisements à ciel ouvert, ce qui implique une complexité technique et des exigences en ingénierie minière plus élevées que les mines classiques. 

Mines d’or au Burkina Faso : la double mécanique de la souveraineté minière

mines d'or Burkina Faso
Vue de la mine souterraine de Yaramoko au Burkina Faso, anciennement opérée par Roxgold et acquise par Soleil Resources International

La nationalisation des mines d’or au Burkina Faso ne suit pas le modèle classique d’une reprise étatique totale. La stratégie repose sur deux niveaux distincts : d’un côté, l’État acquiert directement des mines via la SOPAMIB, la Société de participation minière du Burkina Faso créée en 2023 ; de l’autre, il laisse le capital privé burkinabè absorber les actifs dont les étrangers cherchent à sortir. À fin 2025, six des quinze mines industrielles du pays étaient majoritairement détenues par des Burkinabè, dont trois directement sous contrôle de la SOPAMIB.

Le code minier révisé en 2023 a relevé la part obligatoire de l’État dans les projets miniers et redirigé une partie des revenus vers le développement communautaire et la constitution d’une réserve nationale d’or. En avril 2026, un décret a porté la participation de l’État dans la mine de Kiaka à 40 %, contre 15 % dans le cadre précédent.

La conséquence directe a été le départ rapide de plusieurs grandes compagnies étrangères, dont le canadien IAMGOLD, le russe Nordgold et l’australien West African Resources, chacun sous des degrés variables de pression réglementaire et de risque sécuritaire.

La capacité de Kanazoe à opérer dans l’environnement actuel reflète à la fois un opportunisme commercial et une proximité politique. Les entreprises qui ont maintenu de bonnes relations avec les autorités de transition ont pu acquérir des actifs à des conditions qui reflètent la décote géopolitique que les vendeurs étrangers acceptent pour sortir du pays.

La question qui reste entière est celle-ci : Soleil Resources pourra-t-elle exploiter la mine Yaramoko et les autres actifs acquis au même niveau de performance technique que les opérateurs étrangers qui les ont précédés, dans un pays où l’insécurité a déplacé plus de deux millions de personnes et rendu les coûts opérationnels encore plus lourds ?

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