Avec Cauridor, Oumar Rafiou Barry développe des infrastructures dédiées aux paiements africains. L’entrepreneur guinéen veut réduire les coûts et les délais des transactions entre pays du continent. Son entreprise attire désormais investisseurs et partenaires institutionnels dans un marché stratégique pour l’intégration économique africaine.
Oumar Rafiou Barry travaille sur les infrastructures financières qui permettent aux transactions de circuler entre plusieurs pays africains. L’entrepreneur guinéen, fondateur de Corridor, dirige une plateforme spécialisée dans les paiements transfrontaliers et les transferts internationaux. Son objectif est de simplifier les échanges financiers entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
Pour Oumar Rafiou Barry, le principal problème ne vient pas du manque de volonté politique. Les difficultés se situent surtout au niveau des systèmes de paiement encore fragmentés. Dans plusieurs régions africaines, envoyer de l’argent vers un pays voisin coûte parfois plus cher qu’un transfert vers l’Europe ou les États-Unis.
Cette réalité freine le commerce régional. Elle ralentit aussi les petites entreprises africaines qui dépendent des échanges entre pays frontaliers. Selon la Banque africaine de développement (BAD), le commerce intra-africain reste limité malgré la montée en puissance de la Zone de libre-échange continentale africaine. Les infrastructures financières insuffisantes figurent parmi les principaux obstacles.
Face à cette situation, Cauridor développe des solutions orientées vers les corridors financiers régionaux. La société veut réduire les délais de transaction, limiter les frais et faciliter les paiements africains entre entreprises.
« Nous construisons les rails financiers qui permettront aux entreprises africaines de commercer plus facilement entre elles », explique régulièrement Oumar Rafiou Barry lors de ses interventions publiques consacrées à l’intégration économique du continent.
Oumar Rafiou Barry de l’ingénierie à la recherche et à l’entrepreneuriat
Le parcours d’Oumar Rafiou Barry mêle ingénierie, recherche et entrepreneuriat. Titulaire d’un doctorat en génie mécanique de l’Université de Toronto, il débute sa carrière au Canada chez Hydro One comme ingénieur en conception.
Très tôt, il s’intéresse aux difficultés rencontrées par les diasporas africaines dans les transferts d’argent vers le continent. Il fonde d’abord EZ Money Transfer avant de diriger BNB Transfer Corp, une société active dans la distribution de fonds et les paiements en Afrique de l’Ouest.
En 2022, il cofonde Cauridor avec l’ambition de construire des infrastructures adaptées aux réalités financières africaines. Cette orientation attire progressivement plusieurs investisseurs.
En 2025, l’entreprise annonce une levée de fonds de 3,5 millions de dollars pour accélérer son développement régional. Quelques mois plus tard, Proparco annonce un investissement supplémentaire de 2 millions de dollars lors du sommet Africa Forward organisé à Nairobi.
Selon Proparco, cet investissement doit soutenir le développement des solutions de paiements africains et renforcer l’inclusion financière régionale.
La visibilité d’Oumar Rafiou Barry progresse également dans les grands rendez-vous économiques africains. Lors du CEO Africa Forum à Kigali, il figure parmi les dirigeants représentant les startups africaines les plus innovantes.
Cette reconnaissance intervient dans une période de transformation pour les fintechs africaines. Après plusieurs années marquées par une forte croissance financée par le capital-risque, les investisseurs recherchent désormais des entreprises capables de répondre à des besoins structurels durables.
Le positionnement de Cauridor correspond précisément à cette nouvelle demande. Les infrastructures financières deviennent un enjeu stratégique pour les économies africaines. Plusieurs institutions continentales estiment que l’amélioration des systèmes de paiement reste indispensable pour accélérer les échanges commerciaux africains.
La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) défend également cette approche à travers le PAPSS, le système panafricain de paiement et de règlement. Cette plateforme vise à faciliter les paiements entre pays africains sans passer systématiquement par des devises étrangères.
Pour Oumar Rafiou Barry, la technologie dépasse désormais le simple cadre de l’innovation numérique. Elle représente aussi un outil de souveraineté économique.
« Les paiements sont le moteur invisible du commerce », résume-t-il régulièrement.
Cette vision gagne du terrain dans un continent où les échanges intra-africains restent encore faibles par rapport aux autres régions du monde. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, les coûts élevés des transactions financières limitent fortement les échanges régionaux.
À travers Cauridor, Oumar Rafiou Barry s’impose progressivement comme l’un des nouveaux visages des paiements africains. Son entreprise défend une approche tournée vers les infrastructures régionales, le commerce continental et l’intégration financière africaine.