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Côte d’Ivoire : le plan d’Abidjan pour exploiter 11 millions de carats de diamant cachés

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Production de diamant en Côte d'Ivoire Production de diamant en Côte d'Ivoire

Production de diamant en Côte d’Ivoire. Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a annoncé, jeudi 25 juin 2026, à Séguéla, la relance prochaine de la production de diamant en Côte d’Ivoire, dans le cadre d’un partenariat en cours de formalisation avec le Botswana. Une annonce qui rouvre le dossier d’une filière historique tombée en déclin depuis plus de deux décennies, alors que les ressources diamantifères du pays sont estimées à plus de 11 millions de carats encore en place.

Il fut un temps où Séguéla produisait des centaines de milliers de carats de diamant par an. En 2020, la production officielle était tombée à 4 015 carats, une baisse de plus de 80 % en quatre ans. Le 25 juin 2026, le ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly s’est rendu dans cette ville du district du Woroba pour y annoncer, devant les autorités administratives, politiques et coutumières, la volonté du gouvernement de relancer la production de diamant en Côte d’Ivoire. Le partenaire choisi est le Botswana, premier producteur africain de diamant en valeur et référence mondiale en matière de gouvernance minière.

La décision s’inscrit dans une dynamique engagée depuis février 2026. Le ministre Sangafowa Coulibaly s’était alors rendu à Gaborone pour une mission de trois jours, où il avait été reçu par le vice-président botswanais Ndaba Gaolathe. L’objectif de cette visite était d’étudier le modèle botswanais, une industrie intégrée, de l’exploration jusqu’à la fabrication de bijoux, bâtie sur des décennies de gouvernance rigoureuse et de valorisation locale. 

Des experts botswanais ont depuis effectué plusieurs missions d’évaluation sur le terrain à Séguéla pour apprécier le potentiel du gisement. Le choix du Botswana n’est pas anodin. Le pays a transformé son diamant en moteur de développement national, finançant ses infrastructures, son système de santé et la formation de ses cadres grâce aux revenus de l’exploitation. C’est précisément ce modèle que le gouvernement ivoirien entend reproduire. 

« La découverte n’est que la première étape ; la transformation, la gestion et la valorisation durable de ces ressources sont les véritables défis », a déclaré Sangafowa Coulibaly lors de sa visite à Gaborone. Ce rapprochement devrait aboutir à la signature d’un protocole d’accord officiel dans les prochains mois. Le Botswana a par ailleurs été désigné pays à l’honneur du Salon International des Ressources Extractives et Énergétiques (SIREXE), prévu du 18 au 22 novembre 2026 à Abidjan.

Production de diamant en Côte d’Ivoire : plusieurs décennies d’histoire

La production de diamant en Côte d’Ivoire a une longue histoire. Son exploitation industrielle remonte à la fin des années 1940, avec la découverte du gisement de Tortiya et la création de la SAREMCI en 1946. Au milieu des années 1960, le pays produisait près de 200 000 carats par an.

Avant la crise politico-militaire de 2002, la production atteignait encore environ 300 000 carats annuels selon la Kimberley Process Civil Society Coalition. La crise, l’épuisement progressif des gisements historiques, l’arrêt des campagnes d’exploration et le déplacement des artisans vers les zones aurifères ont plombé la filière. Entre 2016 et 2020, la production de diamant en Côte d’Ivoire a chuté de 20 235 à 4 015 carats.

Le potentiel reste pourtant réel. Selon les estimations géologiques, les réserves encore en place à Séguéla sont évaluées à 10,1 millions de carats, et celles de Tortiya à 1,1 million de carats. Les ressources totales du pays sont estimées à 11 millions de carats, localisées principalement à Séguéla, qui concentre environ 90 % de la production historique, et à Tortiya. Des ressources considérables, insuffisamment exploitées par absence d’exploration récente et de cadre industriel structuré.

L’annonce du 25 juin intervient dans un contexte de transformation plus large du secteur minier ivoirien. La Côte d’Ivoire est devenue l’un des premiers producteurs d’or d’Afrique de l’Ouest, et ses découvertes pétrolières offshore ont profondément modifié la structure de son économie extractive. La relance du diamant vise à diversifier cette base, et à redonner une dynamique économique à une région qui en avait fait son identité.

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