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Portrait : Djibril Diallo, la star du bogolan au pays des Helvètes

Djibril Diallo va redécouvrir sa terre natale, le Sénégal en 2019 et fonde Waxanda Shop & Bogo-Home, en utilisant comme matière première le bogolan, un textile originaire de l’Afrique de l’ouest. Très prisé par la diaspora en Suisse, d’autres marchés s’ouvrent pour lui en Europe.

L’aventure entrepreneuriale de Djibril Diallo, ce polyglotte suisso-sénégalais s’est construite petit à petit.  « En 2018, j’occupais plusieurs fonctions. Je me suis lancé dans le coaching sportif.  Puis j’ai décidé de vivre aussi de ma passion, le coaching sportif », indique-t-il. 

Une étape nécessaire pour l’émancipation des ambitions avant de transiter vers la mode africaine. Cette dimension multicarte lui a donc ouvert plusieurs horizons, pour son aventure entrepreneuriale. « Après 13 années d’absence, je suis retourné à Dakar avec ma femme. En deux semaines, j’ai réalisé le potentiel que nous avons sur notre continent, en rencontrant et discutant avec plusieurs artisans », explique-t-il. Puis il poursuit : « J’ai apporté ma contribution au développement de mon pays en lançant  deux marques Waxanda Shop & BOGO-HOME», détaille Djibril Diallo à Ocean’s News. 

Le panafricanisme de la couture à la mode

C’est lors d’un récent voyage que Djibril Diallo a eu l’idée de se lancer dans la conception de housse en bogolan avec une conception made in Sénégal des sacs de voyages sous son autre marque Waxanda, avec des artisans locaux. 

Le secteur de l’artisanat à un fort potentiel en Afrique. Au Sénégal, il représente 8 à 10 % du PIB selon les autorités locales. « Tout est vendu en ligne et ces produits textiles, avec des motifs ethniques sont bien appréciés par la diaspora et les Suisses qui sont à la recherche d’authenticité et d’’eco-responsabilité des produits », dit-il.

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Si le marché du bogolan en Suisse est promis à un bel avenir, c’est parce que le panafricanisme couturier est à l’honneur. « Le Mali est un producteur important de bogolan. Chaque année, les producteurs maliens de bogolan écoule près de 3 millions de stocks de ce tissu selon les autorités maliennes ».

Travailler avec un tissu extrait au Mali puis transformé au Sénégal, c’est un schéma de pensée panafricaniste qui permet à Djibril Diallo de tirer son épingle du jeu auprès des diasporas. « 40 euros et 100 euros, selon le produit choisi », faut-il compter. 

Et comme une preuve d’une croissance qui ne se dément pas. Son stock actuel tourne entre 500 et 1 000 FCH (Francs Suisses), et la livraison depuis Dakar, capitale du Sénégal varie entre 10 et 15 jours. « Depuis octobre 2019, je travaille avec 2 artisans sénégalais, qui fabriquent tout à la main. Pour 2020-2021, je vais collaborer avec plusieurs artisans locaux expérimentés. Je souhaite vendre 1 000 housses de coussins d’ici décembre 2021 »

Cap sur la Chine et les USA – horizon 2025-2035

Basé en Suisse, travaillant avec du tissu malien et coproduit au Sénégal, cette gymnastique nécessite un bon réseau et une grande confiance. « Avec la pandémie, un homme de confiance suit la production et la qualité à Dakar, incluant les exportations par avion notamment Suisse et en France ». En 2021, l’objectif est d’ouvrir un atelier de production à flux tendu, en produisant toujours au Sénégal. 

Dans 10 ans, Djibril Diallo voudrait « devenir le plus grand producteur et revendeur en masse, même s’il existe des concurrents actuellement », insiste notre interlocuteur. Si Djibril Diallo croît au potentiel du bogolan et du wax, c’est qu’il a observé une tendance émergente sur le terrain. 

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« Le wax a toujours pris le dessus pendant longtemps, mais le bogolan – tissu ancestral – a fait un bond en avant. Nous avons constaté un regain d’attention des consommateurs pour ce produit ethnique. Puis nous comptons bien présenter nos produits via un processus d’exportation en Europe en 2025 puis la Chine et les USA en 2035 ». L’objectif est élevé mais non inatteignables pour ce futur colosse au pied d’argile.

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Par Rudy CASBI

Journaliste / Rédacteur Web chez Ocean's News

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