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Dossier : Quelle solution pour la corruption en Afrique ?

Dans le contexte africain, la corruption est longtemps apparue comme un trou noir qui absorbe l’énergie de la matière. Plus loin, elle est un fléau qui gangrène les sociétés africaines aujourd’hui. Si l’on se réfère un peu aux chiffres de détournements publics publiés par des institutions internationales, on se rend compte que la corruption creuse un fossé entre riches et la classe moyenne.

La corruption est donc un mal qui doit être vite endigué par tous les moyens, mais comment ? Définie comme « abus de pouvoir public »,  la corruption a toujours existé en Afrique. Aujourd’hui, elle a plusieurs noms. Il faut croire que dans les années 1980, l’idée de la corruption était impensable. Mais vers les années 1990, elle commençait à prendre de l’ampleur et avait commencé à sévir en Afrique. Ce qui a donné naissance à de nombreuses dénonciations comme le détournement de fonds ou la fuite des capitaux.  

La corruption a deux formes : la Corruption active qui est le fait de proposer, sans droit, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou avantages quelconques pour obtenir d’une personne dépositaire d’un pouvoir qu’elle accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte de sa fonction, ou un acte facilité par sa mission ou son mandat.

De l’autre côté, il y a la corruption passive qui représente le fait pour une personne dépositaire d’un pouvoir de solliciter ou d’accepter, sans droit, directement ou indirectement, des cadeaux, des dons ou avantages quelconques pour accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte de sa fonction ou de son mandat avec notre système social.

Les manifestations de la corruption en Afrique

Les manifestations de ce fléau peuvent se regrouper en deux (02) catégories : la corruption à petite échelle pratiquée par les fonctionnaires ou agents publics et celle à grande échelle qui règne au sommet de nos états. Elle est plus dévastatrice.

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La corruption s’apparente au vol ou l’escroquerie, une infraction pénale, qui doit de ce fait être réprimée par la justice. Elle semble se généraliser dans plusieurs États africains. Certains pays, dont le Cameroun et le Nigeria ont été classés, plusieurs fois premier pays corrompu du monde par l’Organisation Non Gouvernementale Transparency International.

Il faut rappeler aussi que le « public », notion très incertaine dans toutes les parties du monde, a, dans le cas africain, conféré aux lieux (la prison, le palais, le port, la banque) un système de symboles plus lourd que celui habituellement reconnu à la fonction.

Il existe ainsi une attraction développée pour tous les aspects invisibles du supposé pacte de corruption, dont la charge est plus du registre de la sorcellerie que de la justice. Par exemple, au port de Douala, qui a fait l’objet de réformes ayant mené à un abaissement des coûts de dédouanement, le public considère que les services de la douane sont encore très corrompus. La partie visible du coût de transaction avec l’administration se réduit en raison de l’allègement et de la plus grande transparence des formalités et des tarifications. Mais l’invisible des compensations ou des exigences des agents de l’État reste perçu (ou imaginé) comme proliférant. Le corrompu serait le double du corps du fonctionnaire, et le vol d’argent, le véritable « travail » de l’administration.

Les efforts de lutte contre de la corruption en Afrique  

Il est évident qu’aucun pays africain ne veut être « la brebis galeuse » en matière de corruption. Il est rare de trouver les partisans de la corruption. Tous ou presque la dénonce avec malveillance. Mais nombreux n’hésitent pas à en user pour, soit se faire une place dans la société (ils sont alors des corrupteurs), soit une fois en fonction exigent des pots-de-vin ou acceptent des cadeaux après un service rendu (ils deviennent ainsi des corrompus).

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Le capitalisme sauvage engendre une corruption africaine qui comporte deux visages : la grandeur (les fortunes des dictateurs africains sont immenses) et l’évasion (ces mêmes fortunes reposent dans des banques suisses). Un fatalisme s’est installé dans les populations africaines, selon lequel la corruption ne peut être vaincue puisqu’elle fait partie de la culture. Cela s’explique par le fait qu’il n’existe pas toujours en Afrique des mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption.

Quels sont les moyens de lutte en Afrique ?

Très peu de pays africains possèdent des législations claires qui peuvent condamner et le corrompu et le corrupteur, mais il en existe cependant des pays africains qui luttent contre à l’instar de l’Afrique du Sud et la Tanzanie.

En Afrique du Sud, le parlement Sud-africain a créé une commission de lutte contre la corruption. Les députés sont obligés de déclarer leurs transactions financières personnelles qui sont enregistrées dans un registre présenté au public. Le but de l’opération est de limiter les occasions de corruption et de trafic d’influence.

La Tanzanie s’inscrit sur cette même lancé en prenant pour modèle le système Sud-africain. Il est vrai que les déclarations ne font pas l’objet d’une enquête, mais c’est un signe de volonté politique pour encourager une attitude responsable chez les élites africaines.

Du côté des bailleurs des fonds, le comité d’aide au développement de l’OCDE, dans la convention signée en 1997 par 34 pays industrialisés, a déclaré que la corruption d’un agent étranger va devenir un délit dans ces 34 pays. L’organisation non-gouvernementale Transparency International (T. I.) pour lutter contre la corruption utilise une méthode participative en Afrique, avec les « ateliers d’intégrité nationaux » qui consistent à rassembler tous les partenaires concernés : pouvoirs publics, milieux d’affaires, magistrats, journalistes, universitaires, associations, pour proposer des moyens de répression ou de prévention.

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Pour le continent africain, Transparency International observe que, pour les pays qui se hissent dans le haut du classement, ont en commun un « leadership politique qui est constamment engagé dans la lutte contre la corruption ».

« De l’application stricte par le président Paul Kagame du code de conduite au Rwanda (48e du classement) à la promotion ouverte du président Jorge Fonseca de la transparence institutionnelle dans l’approche innovante du Cap-Vert (48e) ou du président Ian Khama de « l’intégration de la lutte contre la corruption » au Botswana (34e), ces pays ont appris mieux dans leurs communautés et poursuivi ces tactiques avec engagement ».

Pour Transparancy International, au-delà de la législation anticorruption, les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui font « l’étape supplémentaire pour assurer l’implémentation », la mise en œuvre effective, de ces lois.

La lutte contre la corruption en Afrique semble très difficile parce que le plus souvent les dirigeants, ou leurs familles sans oublier leurs proches y sont impliqués. Toutefois, certains pays africains font vraiment des efforts pour combattre ce fléau à l’instar du Bénin, du Ghana, du Sénégal, de la Tunisie, du Rwanda, de la Namibie ou encore du Burkina Faso, classés en 2018 parmi les dix (10) pays les moins corrompu d’Afrique.

Source : jeuneafrique ; lemonde ; Transparency International

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Par Ocean's News

La rédaction du magazine Ocean's News est composée de Journalistes et Rédacteurs Web Togolais avec des correspondants dans certains pays d'Afrique : +228 9221 3818 / contact@oceans-news.com

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