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Burkina Faso : 120 milliards FCFA de recettes douanières mobilisées en mai

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Les recettes douanières du Burkina Faso ont dépassé de 8 milliards FCFA l’objectif du mois de mai 2026, avec 120 milliards recouvrés avant même la clôture officielle des comptes. Cette performance s’inscrit dans une stratégie nationale de financement par ressources propres, au moment où l’État supporte seul le coût d’une guerre contre le terrorisme et d’un développement sous pression.

La Douane burkinabè a dépassé son objectif de recettes de plus de 7 % pour le mois de mai 2026. Sur une prévision de 112 milliards FCFA attendus des structures opérationnelles, l’administration a enregistré 120 milliards FCFA de recouvrement, avec un excédent de 8 milliards FCFA, avant même la clôture définitive des comptes.

L’annonce a été faite le 30 mai 2026 par le directeur général des Douanes, Yves Kafando, dans un message adressé à ses agents. Ce résultat ne sort pas de nulle part. À mi-mai, les Douanes affichaient déjà un taux de progression de 20 %, bien au-dessus du seuil de 13 % nécessaire pour atteindre les prévisions mensuelles.

Sur les cinq (5) premiers mois de l’année, les excédents cumulés atteignaient déjà environ 24 milliards FCFA, portés par un surplus de 13 milliards au premier trimestre et de 11 milliards supplémentaires en avril.

Ces résultats s’inscrivent dans un cadre annuel exigeant. La Direction générale des Douanes s’est fixé un objectif annuel de 1 367 milliards FCFA de recettes pour 2026, présenté par son directeur général comme un impératif national, un devoir institutionnel et une contribution essentielle à la résilience économique du Burkina Faso.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise notamment sur le lancement de la facture électronique certifiée et le déploiement du projet Smart Douane, destiné à renforcer les capacités de mobilisation des recettes douanières.

Les recettes douanières du Burkina Faso face à l’équation budgétaire nationale

La performance de mai doit se lire à l’aune d’un budget d’État sous forte pression. La loi de finances 2026 prévoit des recettes globales de 3 431,5 milliards FCFA, dans un pays marqué par de forts enjeux sécuritaires, économiques et sociaux. Ce niveau de recettes traduit la volonté des autorités de renforcer la capacité de l’État à financer ses priorités à partir de ressources propres.

Le budget 2026 prévoit des dépenses estimées à 3 918,3 milliards FCFA pour des recettes de 3 431,5 milliards, dégageant un déficit de 486 milliards FCFA. Les recettes fiscales totales doivent progresser de 10,4 % en moyenne par an jusqu’en 2028.

Ce déséquilibre structurel s’explique en partie par le coût de la sécurité. Le budget 2025 avait déjà alloué 27 % de ses ressources à la défense et à la sécurité. Dans ce cadre, chaque franc supplémentaire collecté par les Douanes réduit la dépendance de l’État aux financements extérieurs, devenus plus difficiles d’accès pour un pays qui a rompu avec plusieurs partenaires traditionnels.

Pourquoi ces recettes sont un enjeu de souveraineté concrète

Pour les populations burkinabè, la mobilisation des recettes douanières n’est pas une abstraction comptable. Elle conditionne directement la capacité de l’État à payer ses fonctionnaires, à financer les écoles, les centres de santé et les infrastructures, dans un pays où la politique budgétaire est explicitement orientée vers l’augmentation de la part des recettes propres dans le financement de l’État, en lien avec la politique de réaffirmation de souveraineté du gouvernement.

La Douane représente l’un des deux piliers de la fiscalité nationale avec les impôts directs. Les recettes fiscales représentaient 90,62 % des recettes ordinaires dans le budget 2025. Tout dérapage sur les objectifs douaniers se répercute donc directement sur la trésorerie de l’État et sur sa capacité à honorer ses engagements.

Le dépassement de mai 2026 prend aussi une valeur de signal politique. Dans un environnement où une partie du territoire reste sous menace djihadiste, où les routes commerciales sont parfois coupées et où les flux d’importation peuvent être perturbés, tenir et dépasser, les objectifs de recettes douanières signifie que l’économie formelle résiste, que les postes frontières fonctionnent et que l’administration fiscale tient le cap. C’est, dans les faits, une des rares mesures objectives disponibles de la capacité de l’État burkinabè à exercer sa souveraineté économique sur son territoire.

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